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L’Ultra Menestrail ‘A hard day but a beautiful day’.

Temps de lecture : 4 minutes

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photo : Géraldine Magnan

Flashback 1 an auparavant : je me rend à Moncontour, cité médiévale en plein coeur des Côtes d’Armor en Bretagne, pour courir une course nature nommée trail.

54km que je pense être juste une longue promenade ‘sympa’ au coeur des bois. Le mot dénivelé ne m’étant pas familier à cette époque. Imaginez ma surprise… ‘La nuit, le vent, la boue’ la promesse fut tenue.

Le 7 décembre 2019 je reviens donc sur ce lieu, synonyme du démarrage de mon histoire d’amour avec cette discipline. Mais comme j’ai commencé le trail sur ce parcours, je me dis qu’il pourrait aussi être le territoire de mes débuts sur l’ultra trail.

En effet l’évènement propose un format inédit de 104km et 3300m de D+ pour ses 20 ans.

Une nuit dans les bois.

3h du matin sonne le démarrage de cette journée baptisée « a hard day » par Claude Salmon, le créateur de l’épreuve, et son équipe.

Personnellement la nuit a été courte, j’ai partagé un coin de camping car avec 3 de mes partenaire du Plancoët Arguenon Running.

Nous partons, comme un an auparavant, de la piste autour du stade qui jonche la salle omnisport. Ça sera aussi le lieu d’arrivée des différentes épreuves.

Après un léger passage au coeur de la ville nous nous enfonçons dans les bois, la boue et le démarrage des portions de dénivelé.

Pour ma part, je prends cette course sans pression. Mes seuls objectifs sont de gérer le départ, d’appréhender cette nouvelle distance et d’être finisher pour valider mes points pour le Grand Raid de La Réunion 2020.

Le soleil se levant vers 8h30-9h c’est donc 5h30 à la lumière de la frontale, que le peloton passera dans les sous-bois humides du Menestrail.

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photo : Eyes and Trail

Le lever du jour et la surprise.

Une des promesses de l’épreuve, ‘la nuit’, est passée. J’arrive au ravitaillement du 55ème km, plutôt en ‘forme’ après avoir passé une nuit de gestion.

Et là j’apprend avec joie, mais aussi une grande surprise, que je me positionne pour le moment à la 4ème place de l’épreuve. Je n’ose y croire.

Je repars donc en arguant à mes accompagnateurs que la course ne fait que commencer, nous n’en sommes qu’à la moitié.

Mais après de nouvelles foulées, je rejoins le 3ème puis le double pour revenir également sur le duo de tête quelques km plus loin.

Je suis dans un état d’étonnement total, voir second, mais tente de garder la tête froide.

L’échappée belle puis l’erreur fatale.

Je continue sur ma lancée, nous sommes au 70ème km et les jambes sont toujours aussi légères malgré les kg de boue qu’elles ont déjà soulevé dans ce gigantesque pédiluve. On m’annonce que je possède 11 minutes d’avance sur mes 2 poursuivants.

Alors je ne veux pas y penser, je me l’interdis, mais l’idée de la victoire commence à me traverser l’esprit. C’est incroyable.

Et mon erreur est peut-être arrivée ici. Au lieu de me concentrer sur ma course, je me suis concentré à essayer de ne pas penser à quelque chose qui me paraissait plus qu’utopiste 6-7 heures auparavant.

Je cours, je cours toujours aussi à l’aise. Mais je me rends compte que ça fait un moment que je n’ai vu ni balisage ni rubalise…

L’évidence est là, j’ai loupé une balise. Je fais demi-tour et voit qu’effectivement j’ai loupé une bifurcation. Croisant quelques personnes venues nous encourager, nous les fous qui nous sommes engagés dans 104km de boue, le verdict est sans appel : 2 coureurs sont déjà passés. Mon erreur me sera fatale.

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L’impossible devient réèl.

La déception passera très vite. Après tout je suis venu ici juste pour finir cette course et une distance doublée par rapport à ce que j’avais pu faire jusqu’à là. Et pour le moment c’est une médaille de bronze… Que demander de plus.

La suite des opération est simple : continuer sans pression, d’autant qu’à priori j’ai une petite demi heure d’avance sur le 4ème ultra trailer.

Je continuerai donc à arpenter les sous bois. Un gros coup de mou arrivera tout de même au 95ème km, sans doute dû à un léger déficit de volume. Je n’avais jamais parcouru cette distance. 2 barres viendront me redonner un coup de fouet pour aller terminer mon 1er ultra à une inimaginable 3ème place.

Que cette journée fut dure certes, mais surtout belle.

vidéo : Eyes and Trail

My trail friends.

// 👟Chaussures : Altra Olympus 2.5 & Altra Superior 3.5 //

// 👕Textile : Patagonia //

// 🎒Sac : Patagonia Slope Runner 8L //

// 🧦Chaussettes : Verjari //

// 🧤Gants : Verjari //

// 🍫Nutrition : Baouw & Hydrascore //

// 🥤 Boisson isotonique : Hydrascore //

// ⌚️Montre : Garmin Fenix 5 //

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